• Petit dragon d'eau

    Petit dragon d'eau

         Cet endroit n’a pas changé, comme dans mon souvenir : ces arbres centenaires, recouverts de mousse se reflètent dans cette petite rivière. Encore maintenant, alors que la lune haute dans le ciel éclaire ce miroir naturel, j’aperçois leurs reflets, donnant cette couleur proche de l’émeraude. Non, cet endroit n’a pas changé du tout, peut être mon seul souvenir avec toi qui ne s’est pas modifié.

         Ma vue se brouille, mes larmes m’empêchent d’en observer plus, mon cœur ne peut plus contenir ce flot d’eau salée. Je m’allonge sur cette herbe douce, elle aussi remplie de souvenirs, caressant cette végétation et je les sens m’envahir. Elle aussi garde en mémoire ces rires, ces disputes, ces pleurs, ces baisers que nous avons partagés. Cette souffrance manifestée par mes larmes, le sol l’absorbe et s’en nourrit. L’odeur de l’herbe affole mes sens, c’est la même odeur, je la reconnais, je n’ai rien oublié. Comme un appel, je lève mes yeux vers ce courant couleur émeraude, j’ai besoin de sentir ce liquide glisser sur ma peau, sentir qu’il est toujours là. Plongeant ma main dans ce miroir naturel, je me nourris de ses souvenirs : nos courses folles finissant par un jeu aquatique, nos regards cherchant l’autre dans ce reflet vert, ta main quittant ce courant pour venir caresser ma peau. Oui, je me souviens de tout, je peux le ressentir, ce frisson quand tu m’as touchée.

         Recueillant un éclat de ce miroir dans ma main, je le vois bouger, d’abord coulant le long de mon bras, il se rassemble dans ma main pour se matérialiser en un petit dragon, un petit dragon émeraude, ses ailes se déploient doucement, j’aperçois ses yeux. Ces yeux, je connais cette couleur, d’un noir ébène, profond, hypnotisant, comme les tiens. Me paralysant d’un regard, je ne peux que le voir se mouvoir avec le vent. Ce petit dragon d’eau, je peux le sentir, sentir son corps glisser sur ma peau, sentir ses ailes m’envelopper, sentir son souffle sur mon visage quand il s’approche de mes lèvres.

         J’ouvre alors mes yeux, son corps auparavant fluide s’est transformé, il est plus lourd, mais toujours aussi doux, ses ailes sont remplacées par des bras, son souffle sur mes lèvres, par ton baiser. 

         Tu es bien là, avec moi, dans cet endroit qui aura gardé en mémoire toutes les étapes de notre vie, jusqu’à cet inévitable destiné, où tu m’as rejoint.

    © Lilith † 

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  • Commentaires

    1
    Dimanche 12 Janvier 2014 à 18:01

    Oh j'ai adoré ton histoire, tellement bien écrit, tu m'as transporté dans un monde magique. 

    Une petite merveille 

    2
    Dimanche 12 Janvier 2014 à 18:05

    Merci beaucoup !!! =D

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