• Juste une question de temps...

    Juste une question de temps...

    « Je t’ai aimé. »

    Trois mots. Trois mots murmurés dans un souffle. Trois mots qui brisent une histoire.

    Elle baissa la tête et se retourna, laissant ses mots résonner dans son cœur, chaque battement était tel un glas. Il regarda sa silhouette s’éloigner dans la brume. Le vent qui soufflait semblé lui apporter l’écho de ses mots. Il continuait à fixer son dos, son regard rendu flou par les larmes. Quand le brouillard épais avala sa silhouette, il ferma les yeux, des gouttes d’eau froides et sans fin se mirent alors à couler le long de ses joues. L’air glacial qu’il sentait s’engouffrer dans ses poumons semblait lui couper le souffle. Il mit la main sur son cœur et le serra aussi fort qu’il lui faisait mal, sa respiration ne se faisait plus que par à-coups. Un cri plaintif s’échappa de sa gorge quand ses genoux se dérobèrent sous lui. Il se rattrapa d’une main et serra le poing, la neige sous lui devint un petit mont glacée entre ses doigts. Il serra un peu plus, encore plus, jusqu’à sentir l’eau s’en échapper. Son manteau était froissé, son corps tremblait, son cœur était lacéré.

    Il relâcha la pression sur l’origine de ses battements douloureux et mis ses deux mains dans ce manteau blanc que ses larmes venaient faire fondre. Il cria son nom. Trois fois. Mais seul le vent lui répondait, lui renvoyant un silence encore plus éprouvant. Son visage apparu dans sa tête, son sourire, ses larmes, son rire ; ces moments qui n’avaient appartenu qu’à eux. Ces moments qui ne seraient plus que des souvenirs à chérir, maintenant. Il frappa sa poitrine, une fois… deux fois… trois fois… Jamais assez fort pour remplacer sa douleur.

    Il releva la tête et en fixant l’endroit où elle avait disparu, il leva la main, cherchant à saisir cette invisible silhouette. Il referma le poing et gémis. Il secoua la tête en fermant les yeux. Cela ne pouvait pas se terminer ainsi, il ne le voulait pas. Il ne voulait pas lui dire au revoir ; ses battements de cœur lui appartenaient toujours, elle ne pouvait pas les laisser dans une telle souffrance.

    Il se releva brusquement et se mit à courir, il devait la rattraper, il voulait la rattraper. Elle avait dû se tromper, ce n’était pas ce qu’elle voulait dire, il en était persuadé. Tout cela ne devait être qu’une erreur de sa part, sa phrase n’avait pas été au passé, tout cela ne pouvait pas être le passé.

    Il l’aperçut enfin, de l’autre côté de la rue, sa fine silhouette, ce dos qui avait achevé son cœur. Il cria son prénom. Elle continua d’avancer. Il se mit à marcher et cria une deuxième fois son prénom. Elle s’arrêta. Il sourit et l’attendit, pour la troisième fois il cria son prénom. Il la vit se retourner quand un son strident retentit. Il continua à la regarder, elle tourna la tête à gauche avant de le regarder et de hurler son prénom. Il tendit la main vers elle en souriant et fit un pas en avant…

    Il reçut le choc de plein fouet, la voiture avait glissé à cause de la neige, ne lui laissant aucune chance.

    Il ouvrit difficilement les yeux et souris. Son visage au dessus du sien était en larmes. Il ne ressentait pas même la douleur, il se sentait bien, heureux qu’elle soit à ses côtés. Il leva avec peine la main et essuya l’une de ses larmes en souriant.

    « Je t’aime. »

    Sa main retomba sur le bitume, ses yeux se fermèrent, son sourire n'avait pas disparu.

    Ses derniers mots, son dernier souffle avait été pour elle ; elle qui n’avait pas eu le temps de lui répondre au présent ; elle qui maintenant devrait parler de lui au passé. 

    « C'était inévitableA white rose »

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